Centraliser les données de prélèvement est un souhait ancien du syndicat, en tant que gestionnaire de la nappe du Roussillon. La sécheresse de 2023-2025 en a fait une urgence : pour comprendre la situation, il fallait savoir qui prélevait quoi. Des bilans ont été dressés « à la main », au prix d’une collecte laborieuse (masse de données, formats hétérogènes) et les maîtres d’ouvrage d’eau potable, sollicités en boucle par nous comme par d’autres acteurs, s’épuisaient à répondre. Un syndicat de 5 agents, sans service informatique, n’avait ni les moyens ni les compétences pour bâtir le système qui aurait évité cela. Les IA génératives ont déplacé cette limite : ODAQUI a été conçu en régie, en logiciels libres, et a vite dépassé son ambition initiale : suivi des prélèvements, des nappes, des précipitations, de l’hydrologie, des paramètres SISPEA, et demain des canaux et de la qualité des eaux.
ODAQUI : un observatoire de l’eau bâti en régie avec l’IA
Porteur(se) de projet
La problématique
Un projet collaboratif
ODAQUI n’existe que parce que d’autres l’alimentent : plusieurs dizaines de maîtres d’ouvrage d’eau potable, d’irrigants et de campings. Notre règle : ne pas leur ajouter de travail, mais nous adapter à leurs pratiques. Ceux qui ont des enregistreurs envoient leurs fichiers bruts, dans leur format, que des scripts intègrent à notre base ; pour les autres, un autocollant à QR code sur le compteur suffit : une photo envoyée par MMS, et l’index remonte automatiquement. En retour, chacun dispose d’un espace privé pour visualiser ses données : c’était l’idée de départ, on nous confie des relevés, nous rendons de la lisibilité. L’outil fait l’objet d’un financement européen POCTEFA dans le cadre d’un projet transfrontalier de partage de compétences entre structures de gestions (GESTRAC).
Un projet performant
Le projet initial visait à centraliser les prélèvements ; l’observatoire va aujourd’hui bien au-delà : 300 compteurs et 50 maîtres d’ouvrage transmettent leurs volumes chaque mois, aux côtés de 55 piézomètres, 21 stations météo, 19 stations hydrométriques, 3 barrages et les données SISPEA ; les canaux et la qualité suivront. Les déclarations réglementaires, hier reconstituées à la main, sont simplifiées par des exports, et permettent aux préleveurs de répondre facilement à leurs obligations règlementaires. L’observatoire ouvre au public sur odaqui.fr le 1er octobre 2026. La dépense totale se limite au matériel : deux serveurs pour 6 600 € TTC, dont 10 % financés par la Région Occitanie. Aucune licence, aucun abonnement, aucune prestation de développement. Facteur décisif : une conception assistée par IA générative, qui a permis à un agent maîtrisant le métier de l’eau de produire en interne ce qui aurait relevé d’un marché public et de plusieurs années.
Un projet inspirant
Ce qui est reproductible ici, ce n’est pas seulement l’outil : c’est la méthode. Les IA génératives, utilisées comme assistant de développement, ont servi à écrire le code (scripts Python d’import et de traitement, requêtes et vues SQL, pages HTML des interfaces cartographiques). Elles remettent à la portée d’une petite structure des projets qui lui étaient inaccessibles, non pas en remplaçant l’expertise, mais en supprimant la barrière technique entre la connaissance du terrain et sa mise en œuvre logicielle. L’hydrogéologie, la connaissance des usagers et la responsabilité des choix restent humaines : l’IA accélère, elle ne décide pas. Second choix structurant : le tout-libre et l’hébergement local, aucune donnée dans un cloud, aucun abonnement conditionnant l’accès à nos propres relevés. La règle de partage fonde le reste : la donnée de prélèvement reste celle du maître d’ouvrage, seuls des agrégats sont publiés.
La ressource en Eau est au cœur de nos préoccupations aujourd’hui et demain. Bel outil à partager.