Un comité de suivi. Deux personnes présentent le même indicateur, pour le même service et la même période. Les chiffres vont du simple au double, et aucune ne s’est trompée : chacune l’avait suivi avec soin, pendant des années, sans que personne sache comment elle s’y prenait.
Dans une ville de 10 000 agents, la donnée est partout, mais pas encore ensemble. Des agents s’en sont emparés d’eux-mêmes, dans les services. On leur demandait des résultats. Ils ont découvert en les produisant tout le travail qu’il fallait pour qu’ils soient justes, puis ils l’ont fait. Personne n’avait vu que cela devenait un métier en soi. Ce qu’ils produisent tient, mais cela tient par eux : les manières de faire restent dans leur tête, et le même indicateur finit par circuler avec deux valeurs différentes. Le problème est d’organisation du travail, pas de calcul : qui fait quoi, avec quelles compétences et quels outils. C’est pour cela que mon poste a été créé.
Une gestionnaire dont le poste demande des chiffres et qui s’est donné un autre travail, celui de les rendre fiables. Quelqu’un qui construit un tableau de bord seul et consolide à la main plusieurs sources. Un observatoire qui fonctionne sans exister officiellement, et qui s’éteint avec le départ d’une personne.
Ces missions sont réelles. Elles ne sont ni écrites, ni reconnues, ni reliées. La compétence était déjà là. Il fallait la voir avant de pouvoir l’équiper. Chercher ces personnes une par une, construire le cadre avec elles, animer un travail qui ne s’arrête pas : c’est mon travail.
Très beau projet, intelligent et très intéressant